
Exposition:
Photographies de
Bernard PRAS
du
10 mai 2006
au 1er juillet 2006
Photographies
de Bernard PRAS
Extrait d'un entretien avec Bernard PRAS, assembleur-portraitiste:
" C'est très difficile à expliquer. Cela a mis vingt ans.
Expliquer une démarche de 20 ans en cinq minutes, ce n'est pas facile.
En plus les explications sont un peu comme les installations, c'est à
dire qu'elles ont plusieurs points de vue. Selon le point de vue où
je me place, je peux donner une version à chaque fois un peu différente.
En gros je suis passé de la peinture de portraits à la peinture
d'objets, à partir du moment où j'ai peint des objets
plutôt que des gens, cela a été une étape. Pour
les portraits, on dépend des modèles; pour les objets on en
dépend moins. Et à ce moment je me suis rendu compte que ce
que je voulais exprimer, c'était surtout l'espace qui existait entre
deux toiles. C'était le vide qui m'intéressait plutôt
que le plein. Cette envie du vide est au fondement de mon esthétique.
J'ai essayé de voir si je pouvais exprimer cette chose-là en
une unité, sur un support et non pas deux. C'est facile à exprimer
sur deux supports, par un dispositif en diptyque, mais ce qui m'intéressait,
c'était de le faire en une seule fois. Cela m'a jeté dans une
espèce d'errance picturale, je suis passé tout près du
renoncement à la peinture. Et puis la solution est venue quand j'ai
commencé à installer des objets, parce que les installations
d'objets
me permettaient de proposer une double lecture: celle de l'objet lui-même
et celle du rapport entre l'objet et l'image dessinée par le montage
tout entier.
.... Ce que j'appelle vide, c'est l'espace qui permet au regardeur de projeter
son imaginaire. Quand les gens regardent un de mes montages, ils créent
des rapports entre les objets qu'ils voient et l'image que les objets assemblés
composent. Il y a toutes sortes de rapports: des rapports symboliques, des
rapports uniquement formels, des rapports qui n'en sont pas...
Les gens réinventent beaucoup de rapports que je n'avais pas prévus.
C'est ce que je voulais donner au spectateur : un espace où puisse
s'exprimer son imaginaire. Chaque installation est une espèce de miroir
où les gens projettent des tas de choses."